Élise Thibault est une artiste multidisciplinaire dont la pratique explore la mémoire du corps et les traces invisibles que laisse l’expérience humaine. Peinture, sculpture et travail de l’argile constituent les principaux territoires de sa recherche.
Son approche ne repose pas sur la reproduction ni sur la production sérielle. Chaque œuvre émerge d’un dialogue singulier avec la matière. Elle privilégie l’unicité du geste, l’intuition et la transformation progressive plutôt que la répétition formelle.
Dans sa peinture, les formes organiques et les superpositions de textures traduisent une tension entre fragilité et solidité. La surface devient un espace de recouvrement, d’effacement et de révélation, évoquant la manière dont la mémoire s’inscrit dans le corps. Les accents dorés, présents dans plusieurs œuvres, suggèrent une dimension précieuse et intime : une lumière qui ne nie pas les fissures, mais les traverse.
En sculpture et en argile, son travail prend une dimension plus tactile et incarnée. Le volume, la densité et la malléabilité de la matière lui permettent d’explorer la présence, l’ancrage et le poids du vécu. L’argile n’est pas pour elle un médium utilitaire, mais un territoire sensible où la forme naît du contact direct avec la main.
Sa démarche s’est affinée au fil des années. Si ses premières œuvres exprimaient une urgence intérieure, son travail actuel s’inscrit davantage dans une recherche d’équilibre et de construction. Elle s’intéresse à la manière dont la création peut organiser le chaos sans le nier, et comment l’intime peut devenir forme tangible.
L’ensemble de sa pratique demeure ancrée dans la matière, le geste et la transformation. Chaque œuvre agit comme un espace de résonance, invitant le regardeur à reconnaître ses propres traces.
Créer, pour Élise Thibault, est un acte d’ancrage.
Une manière de rendre visible ce qui demeure souvent silencieux.